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go!Daniel Lampart

Une plus grande prospérité grâce à une régulation plus stricte des banques ? Oui, selon une récente étude

Des prescriptions plus sévères en matière de fonds propres et de liquidité pour les banques sont à long terme synonymes d’une plus grande prospérité économique. C’est en ces termes que l’on peut résumer la toute récente étude sur les effets économiques de la régulation du système bancaire publiée par les instances internationales que sont le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et le Conseil de stabilité financière (link) Selon elle, le doublement des fonds propres des banques se traduirait par une hausse de presque 2 % du PIB (graphique p. 2). Une assertion qu’il y a lieu de souligner, car les milieux des grandes banques nous ont avertis qu’une régulation plus stricte serait fortement dommageable, économiquement parlant.

Les résultats positifs de cette étude découlent principalement des hypothèses selon lesquelles

la probabilité d’une crise bancaire diminue beaucoup si les banques doivent détenir plus de capitaux propres et de liquidité et les crises bancaires entraînent des dommages économiques permanents (abaissement durables des PIB).

Et l’utilité de telles mesures est substantiellement plus grande que les coûts dus à des coûts de financement plus élevés.

En outre, le profit pour l’économie augmente si les banques visent, pour leurs capitaux propres, des rendements inférieurs, car les coûts de refinancement diminuent alors.

Les auteurs de cette étude soulignent qu’ils ont effectué leurs calculs sur la base de critères plutôt conservateurs. Si par exemple, lors de crises bancaires, les États ne stabilisaient pas l’économie à l’aide de programmes anticycliques, les coûts de ces crises seraient encore plus élevés. Mais l’étude fait aussi remarquer qu’un report des risques sur le secteur financier non régulé (les fonds spéculatifs) réduirait l’effet stabilisateur induit par un durcissement des prescriptions.

Ainsi, les propositions faites en faveur d’une régulation plus stricte des banques en Suisse gagnent en plausibilité. Mais, vu notamment l’ampleur de l’influence politique exercée dans notre pays par les banques, leur réalisation sera probablement tout sauf simple. (trad. fq 23.8.2010)

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go!Jean Christophe Schwaab

Et maintenant, défendons les retraités!

L’avenir des retraites est au cœur de l’actualité. Une tentative d’affaiblir le 2ème pilier à peine repoussée, la discussion se focalise sur le 1er, l’AVS. Après s’être attaqués aux actifs en tentant de baisser leurs futures rentes LPP, les partis bourgeois s’en prennent désormais aux retraités. Sur la table : une limitation de l’indexation des rentes au renchérissement, donc une diminution de leur pouvoir d’achat.
Les partisans de l’affaiblissement des assurances sociales ont commencé par tenter de monter les retraités contre les actifs, en prétendant que l’on puise dans le capital de prévoyance des retraités actuels pour assurer celui des futurs retraités. Fort heureusement, cet argument qui ne reposait sur aucune base sérieuse n’a pas pris et l’ampleur du rejet de la baisse des rentes démontre que les retraités ont en majorité voté en faveur des actifs.
Nouvel objet, nouveaux arguments, mais la stratégie reste la même: monter les actifs contre les retraités. Pour faire passer la pilule de la baisse des rentes AVS, la droite tente de faire croire aux actifs que, s’ils n’acceptent pas de baisser les rentes des retraités actuels, eux-mêmes ne toucheront plus rien. Il est temps de mettre un terme à ce petit jeu, qui ne peut, à terme, que nuire à la solidarité entre les générations et miner la cohésion sociale. Si un référendum doit être lancé contre la 11ème révision de l’AVS, les retraités actuels auront besoin du soutien des actifs.
Car défendre une AVS solide est indispensable vu la situation actuelle de bon nombre de retraités. En effet, un retraité sur deux n’a que l’AVS comme revenu. Diminuer l’indexation des rentes aurait donc des conséquences très néfastes sur le pouvoir d’achat d’un grand nombre d’aînés et entraînerait un report de charges sur les prestations complémentaires et de l’aide sociale. En outre, la pauvreté refait son apparition chez les personnes âgées. Selon une étude menée par le Conseil Suisse des Aînés et Pro Senectute, près de 100'000 personnes âgées connaissent des difficultés financières et plus de 45'000 retraités sont pauvres, une tendance qui est croissante.
Défendre l’AVS est d’autant plus important que, contrairement à ce que ses détracteurs ressassent à longueur d’année, ses finances sont saines. Les prévisions alarmistes annonçant d’énormes déficits ne se sont pas réalisées: pour 2007 l’OFAS avait prévu que l’AVS ferait un déficit de 2,5 milliards… Mais cet exercice s’est achevé sur un bénéfice de 1,5 milliard. La crise financière de 2008 a certes laissé des traces, mais cette dégradation n’est que passagère: les pertes en 2008 sont uniquement le fait de la chute des marchés financiers. L’AVS aura certes besoin d’un financement supplémentaire aux environs de 2020, mais, dans tous les cas, ce besoin ne justifie en aucun cas l’attaque contre le pouvoir d’achat des retraités que prévoit de voter la majorité bourgeoise du Parlement fédéral.
En votant massivement contre la baisse des futures rentes du 2ème pilier, les retraités ont montré leur solidarité avec les actifs. Aux actifs maintenant de montrer leur solidarité en rejetant la 11ème révision de l’AVS avec la même détermination.


Texte paru dans « 24heures » le 24 mars 2010

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